Les amphithéâtres de Pompéi et d'Herculanum


1. Pompéi et Herculanum

Présentation des deux cités

Pompéi constitue l'exemple type de la ville commerciale intérieure romaines et Herculanum le modèle de cité résidentielle côtière les mieux conservées. Les deux cités doivent leur préservation à l'éruption du Vésuve en 79 après J.-C.

Pompéi était un établissement opicien* du VIe siècle avant J.-C., tandis qu'Herculanum fut, selon la légende, fondée par Hercule sur le chemin de son retour d'Espagne en Grèce.
Les deux cités ont subi tour à tour les dominations osque, samnite, grecque, étrusque puis romaine en 89 avant J.-C. à la suite de la «guerre sociale». Pompéi fut élevée au statut de Colonia Cornelia Venera Pompeiana, et Herculanum se vit attribuer le titre moins prestigieux de municipe.

Alors que Pompéi était au coeur d'une région vinicole, Herculanum était la résidence de loisir et de repos des riches romains de la région.

Les fouilles

Bien que l'existence des ruines de Pompéi soit connue depuis le XVIe siècle, les travaux de déblaiement n'ont commencé qu'en 1748, mais ils furent centrés sur la restauration des œoeuvres d'art à l'attention de la collection royale qui constitue le noyau du Museo Archeologico Nazionale de Naples.

L'ère des fouilles débute en 1860 à Pompéi, mais seulement en 1927 à Herculanum.

2. Les bâtiments du spectacle

Herculanum et son théâtre

La nature de la couverture volcanique d'Herculanum est telle que les bâtiments anciens sont bien mieux conservés que ceux de Pompéi. Parmi les édifices conservés, un théâtre de dimensions classiques a encore une partie souterraine et ne peut être visité que par des tunnels (cuniculi*) creusés lors des fouilles du XVIIIe siècle.



Pompéi et son amphithéâtre

La ville originelle possède une artère principale traversée par deux decumani*. Avec la vague d'urbanisation du IIe et Ier siècle, le tuf l'emporte sur le calcaire en tant que principal matériau de construction. C'est à cette époque que sont construits un théâtre et un forum.

C'est après son inclusion dans le territoire romain que la cité voit s'édifier le grand amphithéâtre.

Les duumvirs* Quintus Valgus et Marcus Porcius, auxquels on doit aussi l'Odéon, sont à l'origine de la création de l'amphithéâtre de Pompéi, construit aussitôt après la fondation de la colonie de Sylla en 80 avant J.-C. C'est le plus ancien amphithéâtre de ce genre parvenu jusqu'à nous, celui de Taurus, à Rome, élevé en dur datant de 29 avant J.-C.

Il est situé au sud-est de Pompéi, sur une zone qui offrait un terre-plein, à l'intérieur de la ville, pouvant être utilisé comme base de la moitié orientale de la cavea*.

On creusa six mètres en profondeur : la terre ainsi enlevée permit d'élever le terre-plein de la moitié occidentale de l'édifice. Un mur de soutien fut érigé, avec contreforts et grandes arcades aveugles, formant la façade principale. Sur ce mur, s'appuient deux escaliers doubles à l'ouest et deux escaliers simples au nord et au sud, qui donnent accès à un promenoir couvert desservant la summa cavea*. On entrait dans la media* et dans l'ima cavea* par quatre couloirs menant à la crypta*, une galerie voûtée située sur les degrés inférieurs de la media cavea* ou s'ouvrant sur deux ordres de places.

Les deux couloirs principaux menaient aux entrées de l'arène, à chaque extrêmité du grand axe. Ils étaient pavés pour permettre le passage des chars.

Le couloir nord est orienté suivant l'axe de l'arène, et l'autre traverse la partie occidentale de l'édifice, forme un angle droit et arrive à l'extrémité sud de l'arène.

Attenantes à ces couloirs, deux salles étaient prévues pour les soins des gladiateurs ou le ramassage des corps et des blessés.

Des inscriptions nous apprennent la présence de deux niches situées à l'entrée de l'arène, qui avaient abrité les statues de Caius Cuspius Pansa et de son fils, duumvirs*, qui avaient procédé à la restauration de l'amphithéâtre après le tremblement de terre de 62 après J.-C.

L'arène, en forme d'ellipse, est entourée d'un parapet de plus de deux mètres de haut, décoré de scènes de chasse et de combats.

L'ima cavea, réservée aux personnalités de haut rang, était divisée en secteur. La partie centrale des quatre premiers rangs était couverte d'une estrade où l'on plaçait les bisellia* ; celles du côté est était réservées aux décurions* et celles du côté ouest aux duumvirs* et à l'adjudicataire du spectacle. Toutes n'étaient pas dotées de sièges.

Un velarium* de lin, soutenu par des poteaux enfilés dans des anneaux en pierre, protégeait les spectateurs du soleil.

3. Les Jeux de l'amphithéâtre de Pompéi

Cet amphithéâtre accueillait des combats avec des animaux (venationes*) et les combats de gladiateurs (munera*) sous le patronage des plus hautes personnalités de la ville, pour qui ces gestes généreux constituaient un moyen de propagande personnelle.

Des inscriptions annonçant les jeux et les programmes sont encore visibles sur les murs de Pompéi. Les spectacles étaient suivis par un grand nombre de gens, et, comme le prouvent certaines inscriptions, des gladiateurs devenaient très populaires. C'étaient des esclaves ou des prisonniers de droit commun ou de guerre qui tentaient de se racheter et d'obtenir la liberté.

En 9 après J.-C., une rixe colossale et sanglante éclata entre les habitants de Pompéi et ceux de Nocera, à l'occasion de combats de gladiateurs. Le bilan des morts fut si lourd, que Tacite en parla dans ses Annales, et que Néron et le Sénat durent s'occuper de cette affaire : les agitateurs furent condamnés à l'exil et l'on interdit pendant dix ans, les spectacles dans l'amphithéâtre de Pompéi. Mais cette mesure fut révoquée trois ans plus tard, après le tremblement de terre de 62 et la reconstruction de l'édifice.

Outre un amphithéâtre, Pompéi possède aussi un théâtre et un odéon.




Bibliographie

  • Art et histoire de Pompéi, guide touristique, Casa Editrice Bonechi, 1989.


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